La Souris Verte de Rennes

Et toi, quelle politique agricole veux-tu ?

retrospective

mercredi 6 juin 2007 par claire

Il y un an, mois de Mai, l’été arrive. Après une année universitaire occupée à remettre en question un système politique démissionnaire, l’esprit mobilisé par la recherche d’alternative, mon banquier, ne manque pas de me ramener à la réalité immédiate, la nécessité de combler mon découvert.

Ne perdant pas de vue mes objectifs de sociologue en formation et de militante, je décide donc de profiter d’une occasion de travailler au sein de l’administration française.

Corps de fonctionnaire concerné :

Une direction régionale de l’agriculture, service de la protection des végétaux.

Ma mission officielle :

Accompagner en tant que vacataire un contrôleur pour observer si les exploitations agricoles remplissent les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires respectueuse des citoyens et de l’environnement (respect des doses et des délais avant récolte, utilisation de produits non retiré de la vente pour leur dangerosité).

Le contrôle permet de décider si l’exploitation recevra les aides de la Politique Agricole Commune dans leur intégralité ou si elles seront diminuées.

Une désillusion rapide

Non, Mr Bussereau, notre ministre de l’agriculture, n’a pas commencé à prendre conscience des dégâts environnementaux liés à une politique agricole intensive, ni opté pour un palliatif qui consisterait à une vaste mise en œuvre de contrôle.

Il s’agit seulement pour notre gouvernement, de montrer sa volonté de respecter les quelques exigences environnementales de la PAC afin de justifier le versement européen des aides économiques à l’agriculture française.

Sur soixante contrôles effectués : aucun prélèvement sur les cultures pour vérifier le respect des doses de produits utilisés, pas de vérification de la comptabilité afin de s’assurer que les pesticides épandus sur les parcelles ne sont pas retirés de la vente.

Il s’agit d’une vaste mascarade montée pour la scène européenne.

Les consignes internes sont claires, ne surtout pas brusquer les agriculteurs qui ne comprendraient pas cette hypocrisie, puisque le gouvernement les encourage à un type d’agriculture qui entraîne l’utilisation de pesticides.

En effet, la réforme 2006 de la Politique Agricole Commune laissant libre chaque état membre des modalités d’attribution des nouvelles aides agricoles, l’Etat français continue de favoriser l’agriculture intensive et productiviste, tout en fermant les yeux sur les pratiques agricoles en matière de sécurité environnementale.

Parallèlement, on tente d’interdire la vente de purin d’orties, sous prétexte que ce fertilisant naturel n’est pas homologué, Il s’agit ici de la manipulation honteuse de l’esprit d’une loi.

Là où il était prévu d’interdire l’utilisation de produits retirés de la vente en raison des risques sanitaires qu’entraînerait leur utilisation, on s’assure un contrôle sur un type d’agriculture qui, si il se démocratisait, mettrait en péril une puissante industrie.

Mais les firmes phytosanitaires ne frémissent pas encore, le marché fructifiant qu’elles occupent n’est pas près de s’effondrer. Elles exercent un puissant lobbying sur les coopératives agricoles s’assurant la mainmise sur le monde agricole.

Face à cette situation intolérable, il est temps pour les citoyens de soutenir les agriculteurs qui s’efforcent sans reconnaissance ni soutien financier de la part de l’état, de nous proposer une alimentation biologique. Celle-ci issue d’un autre type d’agriculture, respectueuse de l’être humain et de l’environnement.

Pétition pour que l’état soutienne et récompense cette agriculture alternative sur le marché des lices ou auprès de la confédération paysanne, lutte contre les OGM, lutte pour la libre utilisation des semences paysannes !

Il est temps pour les citoyens, les urbains comme les ruraux, de reconnaître un secteur d’activité largement ignoré : l’agriculture, d’exiger que ce secteur ne soit pas régit par de simples décisions commerciales, mais bien par la raison. Ne pas s’empoisonner en mangeant, ne pas détruire les nappes phréatiques, ne pas épuiser les terres .Puisqu’on nous obligent à mobiliser nos énergies pour voir se réaliser ces évidences, faisons-le !!!


Forum

  • Et la politique énergétique
    6 juin 2007, par Gwladys

    Excusez-moi de répondre sur un autre sujet et un peu tardivement, mais je n’avais pas encore l’info.

    Cela aurait été très bien pour la diffusion du film "Plogoff : des pierres contre des fusils".

    C’est à lire ici : Pénurie d’uranium en 2015

    Une bonne nouvelle à diffuser, surtout que les pronucléaires prennent la question du réchauffement climatique et du CO2 pour vanter leur dangereuse camelote.

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