La Souris Verte de Rennes

La Souris Verte contre le CPE, pour une économie solidaire

mardi 12 décembre 2006 par La Souris Verte de Rennes

Voici la position que nous tenions lors de la mobilisation du printemps 2006 auquel la Souris Verte de Rennes a pris part activement :

Après le Contrat Nouvelle Embauche, le gouvernement De Villepin en rajoute une couche avec le Contrat Première Embauche. Pour le gouvernement ce contrat à vocation à résoudre le problème du chômage chez les jeunes. Le CPE est intégré à la loi pour « l’égalité des chances » qui est une réponse aux « évènements » de novembre. C’est un package qui englobe, non seulement le CPE, mais aussi la possibilité de travailler à partir de 15 ans et l’apprentissage à 14 ans. Le CPE s’adresse aux jeunes de moins de 26 ans, il permet à un employeur, durant une période de 2 ans, de licencier un employé sans préavis et sans avoir à motiver ce licenciement. Le but est clair : fournir aux entreprises une main d’œuvre malléable et bon marché en vu d’améliorer la sacro-sainte compétitivité des firmes françaises.

La seule réponse que le gouvernement est capable d’apporter au problème du chômage est la précarisation de l’emploi. Nous devons bien sûr nous battre contre ce type de contrat qui est une remise en cause du droit du travail et c’est pourquoi nous appelons l’ensemble de la jeunesse et des travailleurs à se mobiliser. Mais ne nous leurrons pas, même si ce projet est retiré il sera ressorti du placard d’ici quelques années. Puisque notre modèle économique n’est plus en mesure d’assurer un emploi décent pour tous, le bien être et l’émancipation individuelle alors il faut le changer radicalement et revoir notre conception du travail et de l’entreprise.

Il nous faut remettre en cause notre vision de l’économie et cela passe, par un renversement du rôle de l’entreprise. A la concurrence nous préférons la coopération et la solidarité, à l’exploitation nous préférons l’autogestion. Nous devons mettre en place une véritable économie solidaire. L’économie doit se mettre au service de la personne humaine et non plus au profit des seuls détenteurs de capitaux.

Parce que nous travaillons pour vivre et que nous ne vivons pas pour travailler, parce que la résorption du chômage passe par une baisse de la productivité des travailleurs, nous réclamons une nouvelle réduction du temps de travail. Travaillons moins pour pouvoir travailler tous. Travailler moins c’est aussi plus de temps pour nos loisirs, notre épanouissement, nos enfants, nos amis et notre réflexion sur un monde meilleur.

Parce que la démocratie est notre valeur première, nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie au sein de l’entreprise. Que les salariés réunis en assemblée puissent eux-mêmes élire leur hiérarchie, les dirigeants et gérants de l’entreprise et influer de manière directe sur les orientations politiques de celle-ci. On peut de même imaginer, en s’appuyant sur l’exemple des biocoops, que les consommateurs et fournisseurs puissent eux aussi être associés à la prise de décision. On peut supposer que des salariés qui autogèrent leur entreprise ne prendront pas la décision de se licencier ou encore de délocaliser leur outil de travail en Asie du Sud-est. Ainsi la démocratisation des entreprises est bien un frein aux licenciements abusifs et à l’augmentation du chômage.

Parce que la valeur ajoutée de l’entreprise est créée par les seuls travailleurs, nous exigeons que les bénéfices leur soient redistribués de manière directe. De même les inégalités de salaire, au sein des firmes comme au niveau macro-économique, doivent être réduite. De plus, pour donner les mêmes chances à tous, il est nécessaire de favoriser la formation continue tout au long de notre vie professionnelle.

Parce que les entreprises doivent se mettre au service de la personne humaine, elles doivent oeuvrer pour l’intérêt général et le bien être pour tous. Notre modèle consumériste de production a des conséquences désastreuses au niveau social comme environnemental. Nous devons nous prémunir contre les conséquences du libéralisme et mettre en place des modèles de production qui respectent enfin les êtres humains et leur environnement. Le meilleur moyen est encore de moins produire. Notre futur modèle économique devra aller dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des salariés, du respect des consommateurs, des producteurs et de notre environnement.

Que ce soit par le biais des institutions politiques ou par des initiatives collectives et individuelles, pour lutter contre le grand capital, nous devons dès à présent créer un réseau de petites entreprises alternatives au niveau local, autogérées, soucieuses d’œuvrer pour l’épanouissement et le bien être de tous.

Ce qui est possible est ce qui peut être fait tout de suite. Ce qui est impossible prend juste plus de temps. Ensemble, mobilisons-nous dès maintenant !


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