La Souris Verte de Rennes

Pour un mouvement social et démocratique

lundi 10 décembre 2007 par La Souris Verte de Rennes

Texte tardif non diffusé après débat.

Localement, les deux semaines de grève étudiante passées ont laissé s’instaurer sur le campus de Rennes 2 une logique que nous réfutons. Cette logique revêt l’aspect de la terreur : peur collective que l’on fait régner dans une population pour briser la résistance. Elle a pris diverses formes, insultes lors des assemblés générales et des comités de grève, blocage imposé comme un dogme, mépris pour les décisions prises en assemblés générales, rejet en bloc de toutes formes d’organisation syndicales ou politiques, rejet de toutes formes de présence médiatique qui ne serait pas directement contrôlée par le comité de grève. Comment une telle logique a-t-elle réussi à s’instaurer ? Simplement devant l’efficacité de plusieurs individus, les dits autonomes, organisés collectivement qui utilisent l’écoeurement qui se développe en chacun d’entre nous face à : l’imposition des lois injustes par le gouvernement, au manque total d’opposition dans l’arène politique, à la part belle faite à Nicolas Sarkozy dans les médias, aux trahisons répétées des directions syndicales, à la récupération et la manipulation des anti-bloqueurs par la droite (qui se masque derrière l’apolitisme), à l’attitude des présidents d’universités, à la répression policière de plus en plus dure. Cette minorité active développe une stratégie de la rupture, ils veulent créer un consensus minimal autour de leurs propres dogmes, en bafouant les principes de respect du pluralisme et de démocratie directe lors des assemblés générales. Les autres minorités actives qui se trouvent en désaccord avec leurs méthodes, se retrouvent très vite jetées de l’autre côté la barricade, avec les CRS, les médias et le consensus Sarkozy. Ils font avancer progressivement l’idée d’un comité de grève décisionnel plutôt que celle de l’assemblée générale, cela revient à exclure ceux qui tardent à s’engager et ceux qui pourraient prendre conscience de l’urgence des luttes. Ils essayent également de persuader du bien fondé de l’utilisation de la violence sur les biens comme sur les personnes et du camouflage lors d’actions directes. Face à ces valeurs et ces pratiques, nous en affirmons d’autres, plus justes et plus efficaces.

Nous avons de l’espoir et c’est pour cela que nous nous ancrons dans ce monde pour le changer. Nous voulons une révolution lente, révolution car c’est radicalement que les choses doivent changer ; lente car il s’agit de convaincre, de s’ouvrir pour changer les esprits. Une révolution qui utilise des moyens autoritaires par stratégie ne nous correspond pas. Nous voulons changer ce monde durablement. Dans cet esprit, nous proposons d’autres valeurs à ce mouvement car nous ne souhaitons pas le voir mourir :

Propositions :

a Affirmer la volonté d’établir la confiance entre les grévistes et les personnes désireuses de s’investir, mais découragées, par timidité ou crainte de ne pas pouvoir rester maître de leur engagement. L’université en grève doit continuer à être un lieu de lutte sociale et non de vie communautaire. Par conséquent, elle doit être réappropriée par l’ensemble des étudiants et non une avant garde éclairée. C’est bien par l’organisation de débats dans l’enceinte de l’université que nous amènerons les étudiants, les IATOSS et les enseignants à converger vers une même lutte. Pour cela nous soutenons :

La co-organisation par les étudiants et les enseignants d’une journée forum, sur l’avenir de l’université et de la LRU. La Création d’une charte sur le fonctionnement des AG et des commissions, ces documents ont pour but d’éclaircir les différents principes de fonctionnement de ces instances afin de permettre au plus de personnes possible de participer à la mobilisation ; dans un soucis constant de démocratie, de transparence, d’efficacité et de respect quant au débats et décisions prises dans ces différents espaces. Le Respect des décisions prises en Assemblées Générales souveraine et décisionnelle qui ne doivent pas porter seulement sur le blocage, pour cela il est nécessaire de supprimer les Assemblées Générales uniquement de grévistes qui portent sur les autres points.

a Engager la désobéissance civile non violente devant la répression des libertés publiques et la casse des acquis sociaux :

Dans cet esprit les occupations et les grèves nous semblent de bonnes méthodes lorsqu’elles sont porteuses de dialogue, de création d’espaces alternatifs et de convivialités. Lors d’actions directes, nous prônons la nécessité de la pédagogie auprès des personnes perturbées dans leur vie quotidienne, afin de tenter d’être compris et d’attirer à nous les sympathies. Pour cela nous rejetons le camouflage et la rupture du dialogue. Si les forces de l’ordre utilisent la violence étatique et effectuent des arrestations contre les désobéissants, nous devons transformer ces évènements de plus en plus banalisés comme des évènements et des procès politiques. Chacun doit prendre la responsabilité vis à vis du système juridique de ce pays, de revendiquer les actions et la résistance non violente. Nous devons réussir à créer un climat de confiance entre désobéissants afin de trouver le courage de dépasser notre peur, de continuer à rester debout et d’affirmer des valeurs comme la solidarité et l’équité devant le raz de marée liberticide reposant sur le principe des trois cons : conservateur, conformiste et consensuel avec les puissants. Nous ne pensons pas que répondre aux provocations policières par des jets de projectiles, ou l’utilisation d’armes artisanales soit stratégique. En


Forum

  • Pour un mouvement social et démocratique je dis oui !!!!
    11 décembre 2007, par un étudiant militant de nantes

    Super voilà un discours et un engagement constructif... mais qui hélas arrive un peu tard alors que le mouvement étudiant du mois de novenbre s’éteint et que le gouvernement savoure secrètemment sa "victoire".

    Le gouvernement et son administration (pour une fois efficace) ont très vite radicalisé le mouvement et le raz le bol général des jeunes a fait le reste. Seule la voix d’une minorité agissante mais pas subtile et violente a été médiatisée(hamalgame possible avec les événemments de villiers le bel) et c’est dommage.

    La prochainne fois ça sera différent, la jeunesse à l’esprit critique a l’avantage de l’intelligence, de la créativité et de l’audace : les prochainnes mobilisations étudiantes doivent être memées plus subtilement que de bloquer les campus et descendre dans la rue (même si c’est souvent efficace). De nouveaux espaces sont à occuper : médias (pas tous), internet, démarches judiciaires, ... soyons créatifs et audacieux pour que la réppression n’est plus d’emprise sur nous !!!

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